A quoi sert le staff s’ils n’accompagnent pas les enfants ?

Ceci est une réponse à un e-mail d’une personne en quête de comprendre l’approche de l’école Dynamique, dont voici quelques extraits :

Tu m’a répété à plusieurs reprises que le staff n’a pas de rôle précis (en dehors de l’administratif), que vous êtes présents au même titre que les autres membres, que vous échanger comme les membres échangent entre eux, que vous respectez les membres comme eux vous respecte.

Je suis sortie de cet entretien avec l’impression que quelque chose me manquait. J’avais une interrogation quant au fait que tu parles « d’excellence humaine » dans ton TED mais que dans les faits le staff n’agisse pas différemment d’un simple membre de l’école.

Mais dans notre société d’aujourd’hui, je ne crois pas que l’enfant puisse systématiquement accéder à son véritable potentiel d’épanouissement s’il n’est pas aidé, accompagné et entouré.

C’est à ce moment là que j’ai réussi à formuler l’argument qui m’a « manqué » lors de notre rencontre : le staff de l’école dynamique est sensible aux lois du développement cognitif et physiologique de l’être humain. Le respect, parler correctement, ne pas crier, se respecter, formuler ses émotions, exprimer ses sentiments, ne pas être en contact avec des écrans, ne pas juger, encourager : sont-ils des principes auxquels adhèrent consciemment le staff de l’école dynamique ?

Voici ma réponse :

Chère —,

Les membres du staff sont des modèles dans le sens qu’ils cultivent en permanence des vertus et qualités en eux-mêmes pour apprendre et se développer en permanence. En restant dans cette quête d’apprentissage, nul doute que cela installe une certaine culture de l’excellence dans l’école.

Dans leur rôle, le plus important reste qu’ils aspirent à créer un collectif qui protège la liberté individuelle de la manière la plus pure qui soit, ce qui nécessite un travail de fond en permanence, pour toujours améliorer les procédures administratives en bonne et due forme afin que les droits de chacun soient rigoureusement respectés et que chacun soit égal face au système.

Pour ce qui est du développement personnel de chaque enfant (sur tous les plans : intellectuel, émotionnel, relationnel, académique, artistique, etc.), effectivement, cela relève de la responsabilité de chacun. C’est le choix que nous avons fait tous ensemble, co-fondateurs de l’école Dynamique. Nous ne cherchons pas la performance éducative maximale, mais l’autonomie et la pleine responsabilité de fait. Nous faisons cela car nous pensons que c’est le terreau idéal pour permettre à chacun d’être dans un cheminement vers l’excellence. D’autres penseront qu’une autre voie, comme celle choisie par Céline Alvarez ou bien d’autres pédagogues très convaincants, serait plus favorable.

A cette question éminemment relative de la maximisation de la performance éducative, je suis convaincu d’une chose : c’est qu’il n’y a pas d’absolu, pas de réponse unique. Ton e-mail tout entier me semble emprunt de cette quête d’absolu dans laquelle j’ai été aussi : apporter le meilleur accompagnement possible, pour que les enfants épanouissent leur plein potentiel sur tous les plans (Note : cette quête m’a d’ailleurs amené ultimement vers Sudbury, pour désapprendre même cela pour de bon, et conclure que l’efficacité des apprentissages n’est pas LA question à laquelle je cherchais une réponse). Je suis maintenant convaincu qu’un accompagnement idéal n’existe pas, que trop de paramètres subtils nous échappent concernant le développement des enfants, et qu’au final, nous ne pouvons avoir de contrôle que sur nous mêmes.

Pour l’éducation des autres, j’ai lâché prise. J’ai renoncé depuis l’école Dynamique à accompagner qui que ce soit. J’ai épuré tout ce qui me semble superflu, ce qui a fait j’ai même laissé tomber toute tentative d’accompagnement des adultes qui m’entourent (famille, amis…) qui ont pourtant encore TANT à désapprendre et à apprendre, et qui me paraissent fort paresseux, installés dans leur petit quotidien et leurs raisonnements d’une qualité qui me semble pourtant facile à améliorer avec un peu de recherche et de pratique du dialogue rigoureux. Mais cela les concerne. Me poser en gourou pour leur apprendre à apprendre serait leur manquer de respect. Et c’est le respect que je souhaite conserver en tout premier lieu. Je pense qu’accompagner les individus (enfants comme adultes), sans qu’ils soient très clairement motivés et demandeurs, est fondamentalement irrespectueux, et je ne suis même pas sûr que cela améliorera vraiment, à terme, leur capacité à rester dans une dynamique d’apprentissage, dans laquelle ils sont naturellement depuis bébé, de toutes manières, et je suis convaincu qu’ils y restent si on ne les coupe pas de cela.

Je m’en suis donc tenu aux fondamentaux, à ce qu’il y a d’universel : la protection de la liberté de chacun ; traiter les enfants avec un respect égal à celui que j’accorde aux adultes (et je n’ai jamais fini de progresser sur cet aspect).

Ce n’est donc pas une question d’accompagner les enfants ; c’est une question de modalités dans lesquelles j’accompagne qui que ce soit. Je t’invite à bien réfléchir aux modalités, aux conditions dans lesquelles tu te permets d’accompagner un adulte, tout en t’assurant que c’est pleinement respectueux de son indépendance. Alors ?… Alors tu comprendras les modalités dans lesquelles je me permets d’accompagner une personne (enfant comme adulte) : dans la la pleine authenticité, la pleine transparence, le plein consentement, sans attente, sans objectif d’influencer/guider vers une certaine direction que j’aurais en tête pour l’autre.

En somme, lorsque tu dis que tu sens qu’il « manque quelque chose », Oui. C’est vrai. Et c’est bien qu’il te manque quelque chose. Il ne manque pas quelque chose dans l’absolu. Dans mon cheminement, je me suis rendu compte que quel que soit l’école ou le pédagogue dont on s’inspire, on finit toujours par faire un choix éducatif. C’est inévitable, même en faisant le choix par défaut d’inscrire son enfant à l’école publique du quartier sans y accorder un neurone de réflexion. Et faire un choix, cela veut dire renoncer à tous les autres possibles. Il n’existe pas d’approche combinant le meilleur de chaque approche, au risque de faire quelque chose de totalement incohérent et schizophrène, d’ailleurs… Ce qu’il nous reste à faire, c’est donc de faire un choix clair en pleine conscience et de l’assumer. Si tu sens qu’il te manque quelque chose avec l’approche Sudbury, c’est que ce n’est pas fait pour toi, et tu créeras l’univers éducatif qui t’es propre.

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