Vision du village

Attention : ceci n’est pas un texte commun et validé par l’ensemble du village, mais une synthèse de ce que moi, Ramïn, ai compris de nos échanges jusqu’ici.

Depuis toujours ont existé des groupes de personnes en quête de créer une communauté de vie où ils pourraient cultiver certaines valeurs fondamentales qu’ils ne retrouvent pas là où ils résident. Elles sont pourtant prêchées partout et par tous, mais la réalité concrète semble déconnectée de ces valeurs, et il semble même que cela ne cesse de s’empirer. Face à leur soif irrépressible de cohérence, certains pionniers décident de rompre et de partir à l’aventure, à la recherche d’une Nouvelle Terre. Nous sommes un tel groupe.

Nous espérons créer un lieu où nous serons respectés tels que nous sommes, où nous pourrons faire ce que nous aimons dans le respect de notre rythme physiologique. Nous souhaitons nous engager collectivement à évoluer vers une manière plus consciente, plus vertueuse et plus heureuse de vivre. Nous espérons trouver un climat où règne l’harmonie et la joie, la patience et la sérénité, l’amour et le partage, la gratitude et l’ouverture, la confiance et l’enthousiasme, la bienveillance et l’authenticité, le respect ultime de toute vie sur Terre et de la Terre elle-même.

Ceci étant dit, toutes ces valeurs font consensus partout ; il serait étonnant de trouver une personne et encore moins un collectif aspirant au contraire de ces valeurs. Il nous semble difficile d’ériger une ou plusieurs d’entre elles comme valeurs fondamentales de notre communauté. Mettons nous donc d’accord sur une synthèse de tous ces termes en un seul mot global, en lui donnant le sens le plus large qu’on puisse imaginer : l’écologie. Nous cultiverons cette valeur du mieux que nous pourrons. Nous imaginons une démarche qui se veut radicale d’entrée de jeu. Nous sommes prêts à revoir nos habitudes de consommateurs occidentaux de fond en comble.

Les décennies de développement des principes de permaculture régiront la conception et l’organisation de notre village. Renouer avec le bon sens paysan. Observer la nature et s’inspirer d’elle pour construire et habiter, cultiver et nous alimenter, fabriquer et utiliser, et valoriser nos déchets. Vivre ensemble selon le rythme et la fluidité d’un organisme vivant.

Oui. Tout cela semble aller de soi : nous serons un village écologique et permacol.

Concernant plus particulièrement l’habitat, un concept qui nous servira de boussole dans notre démarche est la simplicité raffinée, inspirée notamment du Zen japonais. Cette bisociation apparemment contradictoire combine la recherche de beauté avec les contraintes des ressources limitées, contraintes paradoxalement libératrices tant elles désencombrent et purifient ce que nous construirons.

Venons en maintenant plus particulièrement à ce qui nous démarque des projets existants, deux choix segmentants qui peuvent difficilement faire consensus. Aucun lieu à notre connaissance n’a été jusqu’au bout de certaines logiques qui nous tiennent fort à cœur. Nos conclusions actuelles relèvent pour nous de l’évidence et du pur bon sens à ce stade ; elles restent néanmoins radicalement à l’avant-garde pour le reste de la société toute entière. Et c’est en particulier sur ces deux notions pionnières que nous aimerions insister dans l’expression de notre vision commune, car c’est à cela que nous aurons besoin de dédier une grande énergie. Nombre de nous l’avons déjà vécu : aller à contre-courant nécessite une grande énergie car cela représente un effort d’évolution personnelle pour désapprendre et surmonter nos propres barrières mentales.


Une vie sociale inclusive des enfants

Commençons d’abord par ce qui nous a réuni en premier lieu : le concept de l’école Sudbury Valley. Dans nos recherches et notre expérience, nous n’avons trouvé aucun lieu aspirant à une telle pureté démocratique dans son système politique. Dans une poursuite sans relâche d’un respect des droits individuels sans discrimination par l’âge, ils garantissent à chacun, et en particulier aux enfants, une vie pleinement libérée d’abus de pouvoir et d’arbitraire, d’intrusion et de condescendance. Des procédures en bonne et due forme garantissent une protection de la liberté individuelle de chacun, avec rigueur et neutralité. Dans notre village, les enfants seront même protégés de tout abus par leurs propres parents, et vice versa. Comme à l’école Dynamique, Sudbury Valley School nous servira de modèle de ce point de vue. Les co-fondateurs de cette école estiment qu’il faut en général 5 ans à une personne pour se former pleinement à la vie en démocratie par la pratique, jusqu’à en être un des maîtres, un des garants ayant suffisamment intégré la philosophie, la logique et la posture dans l’exercice. Ne sous-estimons pas le travail qui nous attend là-dessus.

Donner, la clé de l’abondance

« Les bons comptes font les bons amis »? Voilà une notion que nous espérons désapprendre. Et cela sera probablement notre défi le plus grand. Si nos imaginaires occidentaux sont colonisés par l’obligation des enfants de suivre un programme scolaire, ils le sont encore plus par la notion de rareté, la peur de manquer, le besoin de compter régulièrement ce qu’on a et ce qu’on veut, de chercher à augmenter son pouvoir d’achat, de faire jouer la concurrence, de gagner sa vie en tant que exploité ou exploitant.

Tout cela est entretenu par une hypothèse admise que toute donation est un acte de charité pour les pauvres et qu’il ne nous reviendra jamais rien en retour. Cela est vrai, mais seulement dans le système économique tel que nous le connaissons aujourd’hui. En fait, avant l’avènement du capitalisme et avant même l’avènement de la monnaie, il y avait le don. Pas le troc, le don. En effet, en lisant l’anthropologue David Graeber, on sort du mythe que les membres d’une tribu troquaient entre eux. Le troc ne se pratiquait en fait que de manière exceptionnelle, lors de très occasionnels rituels de rencontre entre deux tribus. A l’intérieur même d’une tribu, on donne, et on n’attend rien en retour, car on a confiance que retour il y aura forcément toujours. Point.

C’est exactement ce que nous comptons faire. Nous allons donner tout ce qu’on peut potentiellement donner : du temps, de l’énergie de l’argent. Et vu que nous donnerons tous, nous recevrons tous. Et lorsque nous entrerons dans ce cercle vertueux, nous recevrons tous largement plus que ce que nous donnerons, car au passage, la coopération et la création commune aura rajouté de la valeur par-dessus la contribution individuelle de chacun. 1+1 ne sera plus égal à 2 mais à 5, quoi qu’en diront les mathématiciens. Il n’y a pas de système économique plus efficace pour satisfaire les besoins du groupe et de chacun, et même créer des projets aussi colossaux que l’on veut (pensons à Wikipedia).

Donc entre nous, il n’y aura pas de « bons comptes » mais tout simplement « pas de comptes du tout ». Et s’il y a un profiteur dans l’histoire, patience. Nous avons confiance que cela ne pourra pas durer, du fait de cette culture établie du don que nous aurons créée. Le système sera tellement efficace qu’il pourra absorber quelques profiteurs le temps qu’ils s’acclimatent à ce nouveau paradigme.

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